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60 photos. 500 millions de pixels. Une après-midi avec les enfants de Taznakht.

60 photos. 500 millions de pixels. Une après-midi avec les enfants de Taznakht.

Depuis notre arrivée la veille à Megdaz, je l’avais en tête.

Ce point de vue-là. Cette lumière-là. Et cette idée un peu folle : assembler plus de 80 photos pour en faire une seule image. Une image de centaines de millions de pixels.

Je l’avais repéré la veille, depuis l’autre côté de la vallée. Megdaz, à flanc de montagne, baigné dans la lumière dorée de fin d’après-midi, c’est déjà un spectacle en soi. Mais vu depuis Taznakht, de l’autre côté de la vallée, c’est encore autre chose. L’ombre descend lentement, le relief ressort, les murs en pisé se teintent de cuivre… C’était là qu’il fallait être. Pas de doute.

Taznakht, c’est aussi là qu’est l’école. Une seule pour toute la vallée, semble-t-il. Les enfants s’y rendent par alternance. Un village le matin, l’autre l’après-midi.

Ce jour-là, les enfants de Taznakht étaient de sortie. Ils avaient dû aller à l’école le matin. Et l’après-midi, c’était quartier libre.

On a commencé à se promener dans le village. Très vite, les enfants se sont joints à nous. On a ri, joué, pris des photos, montré les images sur l’écran. Certains faisaient les timides, d’autres les stars. Ils se cachaient, revenaient, posaient. Un tourbillon joyeux.

Et moi, au milieu de tout ça, j’avais un objectif en tête : ma photo.

Je me suis positionné, bien calé, avec la vallée et Megdaz en face.

J’ai calé les réglages. J’avais prévu de faire un assemblage de photos, je ne savais pas combien, chacune à 40 millions de pixels. Un futur vrai puzzle.

Je devais prendre chaque photo avec soin, en les faisant se chevaucher juste ce qu’il faut pour que le logiciel puisse reconstituer une image panoramique parfaite. Une seule photo floue, une seule erreur d’alignement, et tout le travail est fichu.

Pas facile avec une dizaine d’enfants qui courent autour de toi ou passent devant l’objectif !

Mais j’ai réussi. Au retour, j’ai sélectionné 60 photos, celles qui composaient le cadre que je voulais vraiment, et j’ai limité le rendu à 500 millions de pixels Au-delà mon Mac actuel était à genoux… Mais potentiellement, j’ai une photo de plus de 2 milliards de pixels…

Quand tout fut terminé, les enfants nous ont raccompagnés de l’autre côté, jusqu’à Megdaz. L’un d’eux, intarissable, nous nommait tous les arbres croisés en arabe et en amazigh. Il connaissait tout. Et il avait 8 ans, peut-être 9.

Ce jour-là, je n’ai pas seulement fait une photo technique. J’ai vécu un moment suspendu.

Une lumière incroyable, un village ancestral, des enfants pleins de vie, et une photo, oui — mais surtout une trace de ce moment, de cette vallée, de cette après-midi.

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